La minute expressions automobiles

Voici un petit mix des expressions automobiles françaises et leurs origines.

En voiture Simone

«En voiture Simone », de la version plus complète « En voiture Simone, c’est toi qui conduis, c’est moi qui klaxonne !»
Qui ne connait pas cette expression m’ouvre sa portière qu’on lui lance une pierre. Elle a été rendue célèbre par Guy Lux et Léon Zitrone dans « Interville ». Mais qui est Simone ?
Cette énigmatique Simone est la célèbre pilote et aviatrice Simone Louise de Pinet de Borde des Forest. Après avoir passé son permis en 1929 la voilà championne de la coupe des dames 1934, sur une Peugeot 301 avec sa compère Fernande Hustinx. Elle n’arrête pas là et triomphe de sa Triumph en gagant la deuxième catégorie du Monte Carlo 1937, avec sa co-pilote Odette Siko. De plus, Simone des Forest bat le record de 30 000 km à Montlhéry sur la Matford Yacco. Elle poursuit donc sa course aux rallyes jusqu’en 1957 et sans le moindre accident ! Alors femme au volant ?

Chevaux sous le capot

La voiture c’est votre dada ? Vous savez donc que l’expression « les chevaux sous le capot » ne signifie pas avoir un haras de bels étalons cachés dans votre voiture pour la faire avancer… dommage… mais enfin on y est presque! Cela s’apparente à la puissance du moteur. Pour la petite histoire, au début de l’invention de l’automobile, les moteurs fonctionnaient à la vapeur. C’était nouveau et c’était tout beau ! Ainsi, pour que les futurs conducteurs se rendent compte de la puissance de leur auto, étant donné que le moteur remplaçait le cheval lors de la traction de la voiture, nous comparions et mesurions la puissance du moteur au nombre équivalent et nécessaire de chevaux pour tracter une même charge donnée. Plus il y a de chevaux, plus il y a de puissance de traction. Le cheval était alors une référence en terme d’énergie. Véritable emblème, de temps à autre, nous retrouvons ces belles bêtes, non pas sous le capot, mais sur celui-ci. Quoiqu’il en soit, dedans, dessus, pour de vrai ou imagé, le tout est de ne pas confondre chevaux sous le capot et conduire comme un âne.

Et quand on "appuie sur le champignon"

Il peut nous arriver de "partir sur les chapeaux de roues". Mais qu’ils sont gonflés ces chauffards à "ouvrir en grand"! "Appuyer sur le champignon"?? "Chapeaux de roués"?? "Ouvrir en grand"?? Mais que veulent dire toutes ces expressions ?

Tout est question de vitesse. Avant nos voitures modernes, sachez que la pédale d’accélérateur avait une jolie (ou pas) forme de champignon, d’où « appuyer sur le champignon » pour aller plus vite. Maintenant que nous sommes passés à la vitesse supérieure, il arrive que l’on aille trop vite, c’est ce à quoi fait allusion « partir sur les  chapeaux de roues ». Le chapeau symbolisant l’enjoliveur de la roue, susceptible d’être touché lorsque l’on va très vite dans les virages.
Quant à « Ouvrir en grand » c’est tout bêtement l’image de l’accélérateur qui module l’ouverture de l’arrivée d’air dans le moteur. Donc, plus il y a d’air plus la voiture accélère. Dans la lancée, le jargon de l’auto ne s’arrête pas là. Mais ne nous risquons pas à faire des tonneaux et arrêtons-là de rouler des mécaniques. Nous finirons, ainsi, notre course sur une petite note de Coluche « Le champignon le plus vénéneux, c’est celui qu’on trouve dans les voitures».

Finir en queue de poisson

N’est-ce pas une belle illustration de finir en queue de poisson ? Finir en queue de poisson ou faire une queue de poisson se réfère à l’idée de finir mal et vite ce qui est en court. Pour la petite histoire : le poète Horace est à l’origine de cette expression un siècle avant J.C. Il comparait une œuvre sans charme à une femme aussi attrayante par son joli minois que décevante par son affreuse queue de poisson en remplacement de ses jambes. Dans l’esprit coquin de l’homme, une queue de poisson empêche d’ouvrir les jambes de la belle, il finit donc « en queue de poisson » son fantasme. C'est, donc, la comparaison d'une chose décevante à une autre qui ne se termine pas du tout comme on l'espère qu'est née notre fin en queue de poisson. Du même fait, la fameuse « queue de poisson », désignant le fait de doubler dangereusement un autre véhicule, en se rabattant trop précipitamment signale le fait de finir trop vite (finir en queue de poisson) générant, par là, de la déception voir de la frustration. Pendant ce temps, certains feront, simplement ou innocemment, référence à l’image de la queue d'un poisson nous frôlant dans l'eau... Ainsi, tout prend sens et de différents sens. Remise au goût du jour par Balzac en 1833. Il réutilisait cette expression dans « Ferragus, chef des dérovant » où il écrit : « Quelques rues (de Paris), ainsi que la rue Montmartre, ont une belle tête et finissent en queue de poisson ».