Hommage au «Petit Père Bouton»

En ce mardi 22 novembre, nous mettons à l’honneur M. Bouton, celui-là même à l’origine du moteur De Dion-Bouton et de bien d’autres avancées techniques pour son siècle.

Cet homme, d’un mètre cinquante-cinq,  n’était pas petit d’esprit mais très grand d’ingéniosité. Il fut à l’origine même de l’automobile.

Ce petit bonhomme, né le 22 novembre 1847, vient d’une famille de photographes. Cependant, il ne fera pas dans le cliché puisqu’il mettra son talent au service des automobiles. Très jeune, il devint apprenti dans l’atelier de M. Dubourg. Après plusieurs années, Bouton continua sa formation au Havre dans les Forges et Chantiers de la Méditerranée. Il finit et complète son savoir-faire à Paris chez Hermann La Chapelle.

Quelques années plus tard, Georges Thadée Bouton trouve sa complémentarité intellectuelle chez son voisin Charles Armand Trépardoux (qui devint son ami puis son beau-frère). Ingénieur diplômé des Arts et Métiers, celui-ci associé à Georges Bouton, projetaient de construire un moteur à vapeur adapté à tout engin mécanique. L’idée de l’autotracté trottait… 40km/h est le premier exploit accompli. Fabricants de miniatures de locomotives et de bateaux à vapeur, l’imagination ne cessait de fuser. Et c’est devant ces mêmes miniatures que le comte Albert de Dion tomba en extase. Aussi merveilleux qu’une mine d’or, De Dion y trouva immédiatement son compte. Il décida de miser sur ces deux ingénus et ne fut pas déçu. Bon nombre d’inventions leurs sont attribuées, ils envoient du lourd, dont l’imposant Phatéon (belle et grosse voiture avec un moteur de 400kg).

Même si Trépardoux quitta l’entreprise en 1893 à cause du pire de Dion, Bouton resta pour le meilleur et l’automobile l’en remercia. Tout les opposait et dans une autre vie, ils ne se seraient probablement jamais parlé sans la magie de l’innovation et le goût de la mécanique qui permirent de réunir cet intrépide duo. L’un tout petit et timide, l’autre géant et séducteur. Pourtant au début du 20° siècle, ces deux acolytes précurseurs sont à eux deux originaires de la fabrication de 4 000 véhicules et plus de 80 000 moteurs. Bien avant la « Croisière jaune » de Citroën, ils se lancèrent dans le raid inédit de Paris-Pékin avec deux véhicules. Tous les grands constructeurs de l’époque firent appel à eux : Renault, Delage et bien d’autres.

Vivant pour la mécanique et soucieux du détails, ils investissaient leur temps dans la production grand public allant  de l’autobus, passant par le camion de pompier, au tracteur, rien ne leur échappait et ils se placèrent en première ligne mondiale.

 

Empereur de l’automobile, ils servaient les rois et les princes du monde entier. Le moteur V8 de 35 chevaux De Dion-Bouton équipera plus d’une voiture dont les américaines. Ayant plus d’un tour dans leur manche, la cartographie en fait partie, Michelin ne s’y plia que des années plus tard.

La Guerre approchant, c’est avec évidence que De Dion-Bouton contribuèrent à l’évolution technique de l’armée française.

L’âge venant, le « Petit Père Bouton »  rendit son dernier souffle (à vapeur ?) en 1938. »