Hellé Nice, danseuse et pilote des années 30

Femme d’exception et pilote oubliée au destin glorieux et tragique

Alexandrine Bouille était loin d’imaginer, le 15 décembre 1900, qu’elle donnait naissance à une future étoile de l’automobile.

Elle brillait sur les planches et défilait sur les circuits. De son vrai nom Mariette Hélène Delangle, cette jeune femme défia le chrono et la presse.

La musique du moteur et le goût de la vitesse l’interpellent dès ses 3 ans lors de la course Paris-Madrid à laquelle participaient les grands noms : Baron de Rothschild, les frères Renault, Ettore Bugatti… Bien que très jeune, elle observe les bolides se déchainer devant ses yeux admirateurs. Une photo immortalise ce moment. Son beau et légendaire sourire est ainsi capturé. Son destin se scelle ici.

Nous sommes en 1916, Hélène est une adolescente de 16 ans rêvant d’aventures. Elle s’installe, alors, à Paris.

Attrayante et sportive, elle est rapidement repérée et engagée en tant que danseuse dans un cabaret. Fort de son succès, elle s’offre sa première voiture une Citroën.

  

Ses rêves deviennent réalité, elle connait la gloire, devient une grande dame et côtoie le beau monde. Les bonnes rencontres au bon moment! Dans ce nouvel univers, elle y fait la rencontre de celui qui sera son plus fidèle ami, Henri de Courcelles, dixit Couc, grand homme, ancien aviateur et décoré de la Croix de Guerre. C’est là que tout commence. Hellé Nice goûte à l’ivresse de la vitesse, s’enivre de l’odeur de la gomme sur le circuit et danse au bruit des moteurs. Tout en y mêlant son métier de danseuse, cette dame s’impose en tant que pilote parmi les plus grands, et s’offre le luxe de courir sur les circuits de renoms : Brooklands en Angleterre, Monza en Italie, Montlhéry, Le Mans…

Artiste d’abord, pilote ensuite, la danse prend le pas sur la conduite. Elle se consacre à sa carrière et orchestre de magnifiques revues romantiques, un brin classique, un brin comique.

En 1927, la perte de son ami Couc l’anéantit. Elle arrête le spectacle. Mais c’est un accident de ski qui la remet en route sur les circuits automobiles. Bagou et atouts, elle plaît aux constructeurs automobiles qui souhaitent désormais charmer la clientèle féminine. La voilà à Montlhéry pour le Grand Prix féminin le 2 juin 1929.

Marcel Mongin à Hellé Nice : "Mémorise chaque virage, tu dois connaître parfaitement la route et être capable de la parcourir les yeux fermés".

C’est par cœur qu’elle parcourt Montlhéry. Au volant d’une Omega 6, elle est face à Dominique Ferrand elle-même au volant d’une Amilcar. C’est sa plus grande concurrente. Hellé Nice remporte le prix avec une moyenne approchant les 100km/h. Bugatti la remarque et lui prête une T43A avec laquelle elle signe un record jamais vu, pas même par un homme. Bugatti lui accorde donc la 35C enviée des plus grands. Nouveau record enregistré à 194km/h. Exploit sur exploit, elle est réclamée par tous et fait les plus grands circuits du monde sur des Bugatti, des Miller, des Alfa Roméo, et Alfa Monza.

Malheureusement, lors du grand prix brésilien le 13 juillet 1936 elle est victime d’un très grave accident sur piste. Peu de temps après, un de ses plus grands amis perd la vie. C’est le début de la fin. Temps de guerre. Après l’armistice elle est accusée publiquement par Louis Chiron d’avoir été un agent de la Gestapo. Ce cumule d'événements et ces accusations non fondées signent la fin de sa carrière. L’étoile est filante et elle passe ainsi de dessous les projecteurs à l’obscurité.

Si vous avez envie d'en savoir plus sur le parcours et la vie d'Hellé Nice nous vous conseillons le livre de sa plus grande fan Miranda Seymour "The Bugatti Queen".